09/08/2006

Je continue dans mes p'tites leçons de vie...

Extrait de "Et si c'était vrai..." de Marc LÉVY  (encore)

 

 "

Ils étaient tous deux assis face à face, dans la petite barque, silencieux depuis quelques minutes, elle le regarda intensément et lui demanda d'une voix inhabituelle : "Arthur, tu sais que je ne sais pas nager, que ferais-tu si je tombais à l'eau ?" "Je viendrais te chercher", répondit l'enfant. Lili se mit aussitôt en colère : "C'est stupide ce que tu dis !" Arthur resta figé par la violence de la réponse.

-        Essayer de ramer jusqu'à la terre, voilà ce que tu ferais !

Lili criait.

-         Seule ta vie a de l'importance, ne l'oublie jamais, et ne commets jamais l'outrage de jouer avec ce cadeau unique, jure-le !

-         Je le jure, avait répondu l'enfant apeuré.

-         Tu vois, dit-elle en se radoucissant, tu me laisserais me noyer.

Alors, le petit Arthur se mit à pleurer. Lili cueillit les larmes de son fils du revers de son index.

-        Nous sommes parfois impuissants, et cela provoque un tourment souvent insoutenable. Ce sentiment t'accompagnera toute ta vie, parfois tu l'oublieras, parfois ce sera comme une obsession. Une partie de l'art de vivre dépend de notre capacité à combattre notre impuissance. C'est difficile, parce que l'impuissance engendre souvent la peur. Elle annihile nos réactions, notre intelligence, notre bon sens, ouvrant la porte à la faiblesse. Tu connaîtras bien des peurs. Lutte contre elles, mais ne les remplace pas par des hésitations trop longues. Réfléchis, décide et agis ! N'aie pas de doutes, l'incapacité d'assumer ses propres choix engendre un certain mal de vivre. Chaque question peut devenir un jeu, chaque décision prise pourra t'apprendre à te connaître, à te comprendre.

Fais bouger le monde, ton monde ! Regarde ce paysage qui s'offre à toi, admire comme la côte est finement ciselée, on croirait de la dentelle, tu vois comme le soleil y fait vivre mille lumières toutes différentes. Chaque arbre oscille à sa vitesse sous les caresses du vent. Tu crois que la nature a eu peur pour inventer autant de détails, autant de densité. Mais la plus belle des choses que la terre nous a données, ce qui fait de nous des êtres humains, c'est le bonheur de partager. Celui qui ne sait pas partager est infirme de ses émotions. Tu vois, Arthur, ce petit matin que nous passons ensemble se gravera dans ta mémoire. Plus tard quand je ne serai plus là, tu y penseras, et ce souvenir sera d'une certaine douceur, parce que nous avons partagé cet instant. Si je tombais à l'eau, tu ne te jetterais pas pour me sauver, ce serait une bêtise. Ce que tu ferais, c'est me tendre la main pour m'aider à remonter à bord, et si tu échouais et que je me noyais, tu aurais l'esprit en paix. Tu aurais pris la bonne décision de ne pas risquer de mourir inutilement, mais tu aurais tout tenté pour me sauver.

  Tandis qu'il ramait vers le rivage, elle prit la tête du petit garçon dans ses mains, et l'embrassa tendrement sur le front.

-        Je t'ai fait de la peine ?

-        Oui, tu ne te noieras jamais si je suis là. Et je plongerai quand même dans l'eau, je suis bien assez fort pour te ramener.

 "

 

08:53 Écrit par La p'tite dans Mon p'tit moi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

""tu vois... que tu aimes..."" oui.... mais sans être aimée en retour..... j'en reviens toujours à "ça" : surtout ne pas être aimée....comme une protection.

Écrit par : Love love | 09/08/2006

pour love love Je t'invite à aller (re)lire deux posts plus bas, le début...il faut savoir identifier le bonheur et se baisser pour le prendre dans ses bras...
De quoi se protéger ? qu'y a-t-il de si apeurant dans le fait d'être aimé ?
Se laisser aller...se laisser sentir...et savourer...?
Gros bisous love love...

Écrit par : La p'tite | 09/08/2006

L'amour Et ici il s'agit d'un amour entre la mère et son fils, tellement grand, tellement empli de tendresse, de confiance, tellement magique comme ça peut l'être.
Et maintenant tu connais ça, toi aussi, ma p'tite.
Gros bisous.

Écrit par : Françoise | 09/08/2006

kikoo tout tenter pour sauver l'etre aimé , et en cas d'echec , avoir l'âme en paix !! pourquoi pas !! dans cette situation, ou la mère tombe à l'eau, l'enfant auras bien raison de se jetter à l'eau pour la sauver , au risque de sa vie !! dans ces instants là, la force est multipliée par trois, voir quatre, et le fait de se battre à deux pour un instinct de survie multiplie encore la force ! ce n'est pas un acte héroïque décrit par la mère, mais un acte d'amour par le fils ! il reçois l'amour , et lui en donne par sa réponse !
savoir donner, savoir reçevoir,
bisous pitchounette
luther

Écrit par : luther | 09/08/2006

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